Samaipata

Samaipata, le coin hippie de la Bolivie

Le village de Samaipata était la prochaine étape sur ma route après avoir passé un mois au pueblito de ToroToro. J’y suis donc arrivé avec Fabien et Cédric, deux français rencontrés auparavant (voir article sur ToroToro).

Clairement, nous n’étions pas objectif sur ce nouveau lieu, nous étions encore dans le deuil de notre épopée précédente. Nous sommes arrivés en milieu de journée, ne sachant pas ce qui nous attendait, les activités touristiques ne nous intéressaient pas vraiment, nous voulions principalement continuer sur la lancée de l’intégration avec les boliviens, ne pas retirer d’argent, et profiter du lieu.

Samaipata est le « village hippie » de Bolivie, connu pour ses retraites spirituelles, les cérémonies chamaniques pour s’ouvrir à la nature, ainsi que pour le nombre d’expatriés vivant dans cette région. Que ce soit des européens, des latino-américains, des asiatiques, ou qu’importe la nationalité, ce sont tous des amoureux de la nature.

Les tips en bas de page. 

Nous arrivons donc tous les trois, sacs sur le dos, au parc principal. Surprise, subjectivement nous trouvons tout trop européanisé, en même temps nous venons directement d’un village où il n’y a pas de distributeurs, et une seule borne wifi pour tout le village, dans la rue.

Nous cherchons donc de la nourriture de rue, quelque chose de pas cher, de local. Nous trouvons enfin une femme cuisinant dans la rue, nous nous asseyons, mangeons en réfléchissant à ce que l’on pourrait faire ici…

Vendre des crêpes paraît une bonne idée, seulement, il nous faudrait une cuisine. Sur le retour en direction du parc, nous achetons quelques bières avec le peu d’argent qu’il nous reste. Assis sur un des bancs du parc, la nuit tombe et les heures passent, nous avons en tête de dormir encore une fois dans le parc du village, tout comme la nuit précédente dans le village de Totora.

Quelques personnes passent devant nous, et nous lancent : « Soirée au   ??? , venez ! ».

Nous n’avons rien à faire, nous ne sommes pas fatigués, nous quittons donc nos discussions philosophiques pour se rendre à ce fameux bar, nous ne tardons pas à le trouver à moins d’une rue. Faisant mine que nous allons consommer, nous posons nos sacs sur une table en vue, et rentrons sur la « piste de danse » dans le patio du bar. Nous voulons faire des rencontres pour trouver de bonnes infos sur Samaipata.

C’est sur cette même piste de danse que nous rencontrons un colombien, je suis celui envoyé pour faire la discussion, que j’entame naturellement. Ce même colombien me fait part de la possibilité d’être hébergé gratuitement dans une maison où lui même reste, à condition de lui poser les deux bonnes questions, et de bien répondre à deux de ses questions. Bon, il est visiblement saoul ou sous l’influence de quelques substances psychotropes, voir les deux, on va voir si je peux passer le test !

Mes questions :

  • Comment tu vas ?
  • Est ce que tu serai disposé à nous aider, mes amis et moi ?

 

A prioris, ce n’était pas de bonnes questions, je lui demande rapidement avant qu’il veuille s’en aller, de me poser ses questions, que voici :

  • Que penses-tu de l’univers ?
  • Est ce que tu as une question pour moi ?

 

Très bien, à voir ce que ma relation avec l’univers et ma connaissance personnelle du monde et de la nature peut avoir comme effet. Je pars donc sur une dissertation spirituelle : Rien n’est anodin, tout a son importance dans la vie, nous somme quelque part tous connectés dans ce monde et ailleurs.

Cela a l’air d’éveiller quelque chose dans son regard, c’est là que Fabien et Cédric me rejoignent pour connaître mon avancée… Pas grand chose pour le moment… Je suis proche de renoncer, lorsque ce colombien me pose sa dernière question, ce à quoi je répond :

« Je n’ai pas de question pour toi mon ami, je veux juste que tu profites de ta soirée, de la vie, et de toutes ces choses qui font l’univers. »

Ce fût la bonne. Son visage s’illumine, il rigole, bois une gorgée, et nous dis que tout est bon, nous ne comprenons pas vraiment, soit.

La soirée continue, nous parlons un peu avec tout le monde, le temps passe… Proche de la fin de soirée, il revient vers nous pour nous dire qu’on y va, rentrons à la maison. C’est avec un groupe de 6 personnes que nous marchons maintenant, nous ne savons pas vraiment où. Nous arrivons à une maison avec un jardin, nous nous asseyons sur les canapés, on nous offre des bières et quelques trucs à grignoter. Nous comprenons en fait qu’un autre colombien, dans la quarantaine, certainement riche, a ouvert sa maison à qui en a besoin, seulement s’il a confiance dans les personnes qu’il invite. Nous le remercions donc de nous donner un lit, et à manger. Ce n’est pas bien nous dit il, ce n’est pas moi qu’il faut remercier, mais celui qui est en haut, l’univers, Dieu. Nous comprenons rapidement qu’outre l’aspect religieux, l’entraide, il est notamment assez… spécial. Dans l’argot français, nous pourrions dire qu’il est perché. Mais là n’est pas le sujet.

Nous avons un toit, une cuisine à disposition, que pouvons nous espérer de mieux. Le lendemain, nous nous lançons donc sans plus attendre dans la confection de crêpes que nous allons vendre dans l’après midi. Sans réel résultat, ce n’est pas le bon moment, il faut y aller plus tôt. Nous rencontrons tout de même un autre français qui était venu au bar de ToroToro, il reste dans un camping dont il nous indique l’emplacement.

C’est décidé, demain nous irons vendre les crêpes dans ce camping. De retour à la maison, (nous sommes une petite dizaine à dormir là bas) nous passons une soirée à discuter, échanger. Je me rapproche d’une argentine qui dort ici pour quelques nuits, mais elle vit normalement dans une autre maison avec une amie à elle sur les hauteurs. Nous parlons, il y a échange de quelques regards qui ne trompent pas… Sans vouloir me vanter, elle est vraiment très attirante. A voir ce que cela peut donner dans les jours qui viennent…

Le jour se lève, les crêpes sont lancées. Motivés nous partons les vendre au parc, où cela fonctionne bien, puis nous nous dirigeons vers le camping. C’est là que nous rencontrons un couple français retraité qui parcourt l’Amérique latine depuis plus de 4 ans (avec des retours en France chaque année), Michel et Valentine. Ils nous achètent quelques crêpes, et nous invitent à revenir le soir car Michel a du Ricard, du Ricard !!! Bien sûr que je serai là !

La journée passe, nous sommes à la maison, et les argentines (dont celle avec qui j’accroche plutôt bien) nous invitent à venir passer la nuit chez elles. C’est sûr que si je veux concrétiser quelque chose avec elle, c’est une invitation tout ce qu’il y a de plus opportune… Mais, d’un autre côté, il y a le Ricard ! Le choix n’est pas si compliqué, une femme, il y en a partout en Amérique Latine, mais du Ricard, non ! Je ne sais pas quand sera la prochaine occasion de Ricard qui se représentera, c’est sur ce raisonnement que je décline poliment l’invitation. D’ailleurs, plus tard je serai rejoins sur mon idée par Cédric et Fabien. Nous achetons deux bouteilles de vin local pour ne pas arriver les mains vides, et c’est une fameuse soirée que nous passons entre compatriotes.

Le Ricard, tout de même c’est sacré !

Après plusieurs jours passés à Samaipata, nous comprenons pourquoi tant de personnes finissent par y rester, il est vrai que c’est un lieu tranquille, de paix, avec un parc naturel dont fait partie une majestueuse forêt non loin, des ruines antiques sur une colline… Cependant, nous ne sommes pas vraiment sensibles à tout cela, toujours dans l’optique que nous sommes nostalgiques de ToroToro, nous décidons donc de nous en aller, en bus cette fois, jusqu’à des cascades dont nous avons entendu parler la veille « Cuevas ». Très court trajet de bus, durant lequel je rencontre Rosmery, vivant à Santa Cruz. Le bus s’arrête, nous descendons devant le portail qui garde l’entrée des cascades, cependant nous ignorions qu’il y avait des horaires d’entrée, et actuellement, c’est fermé. En face, un camping, peu cher, nous décidons donc d’y passer la nuit, Cédric et moi posons nos hamacs, tandis que Fabien s’installe dans la tente de Cédric. C’est réveillé par la pluie que j’installe ma tente en urgence, et que Cédric fonce dans la sienne. Le lendemain, le temps est toujours maussade, nous sommes fatigués à cause du manque de sommeil… La cascade n’est plus si importante à nos yeux avec ce temps grisonnant ( Oui je sais, quelle motivation … ). L’argent que nous avions gardé pour la cascade, soit 15 Bs/p, nous servira finalement pour le bus jusqu’à Santa Cruz qui sera exactement de 15 Bs.

Fin d’une courte aventure…

Comment se rendre à Samaipata ?

 

  • En bus de Santa Cruz : 15 Bs.
  • En bus depuis Cochabamba : Prix inconnu
  • En stop : Prévoir de le faire en moins d’un jour depuis Santa Cruz, en deux ou trois depuis Cochabamba

Que visiter à Samaipata ?

 

  • Le Parc Amboro

 

Ce parc contient une forêt humide dans laquelle subsiste une grande biodiversité, notamment au niveau du nombres d’espèces d’oiseaux vivant là. Plusieurs tours sont proposés par les agences de voyage présentes, d’une journée ou sur quelques jours, que cela soit pour des randonnées, l’observation de la faune et la flore, ou bien pour se rendre au plus grand des forts Incas : El Fuerte.

 

  • Site archéologique de « El Fuerte » 

 

Ouvert tous les jours, il est situé à quelques kilomètres de Samaipata. N’ayant pas beaucoup d’informations sur le sujet, je vous recommande tout de même de prendre un guide pour visiter ces ruines, l’histoire des sites Incas est toujours forte de sens, et plus qu’indispensable pour relativiser sur notre propre époque.

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